Le jour où j’ai beaucoup réfléchi

Pour la 46ème fois de l’hiver je me suis retrouvée dans la salle d’attente du pédiatre à 18h42.
Une maman était là. Une autre est arrivée.
L’une d’elle a répondu à son fils qui lui demandait où était son papa : « papa travaille mon chéri ».

Mais bien sûr que papa travaille. Parce que papa a une carrière lui.
Maman, elle, se contentait déjà d’avoir juste un métier à l’époque où elle n’imaginait même pas avoir des enfants, alors une carrière, tu penses…

Voilà où m’a menée ma réflexion. Même quand je n’étais pas maman, finalement, j’avais déjà opté pour une non-carrière. Parce qu’au final je savais que j’allais en avoir un jour et que j’aurai bien le temps de faire ma vie professionnelle après.

Et puis la PMA m’est tombée dessus en 2006, pour mettre entre parenthèse une vie professionnelle, y a guère mieux.
Voilà donc, une grossesse en 2009, un accouchement en 2010, une autre grossesse en 2010, un accouchement en 2011.

Bref, depuis novembre 2011, j’ai repris une activité en sachant cette fois que c’était la ligne droite vers la retraite. 30 ans la ligne droite.
Et depuis, cycliquement, je désespère.

Choudou, lui, a tracé sa vie pro, s’est donnée les moyens et a réussi. Il ne s’est pas DU TOUT posé les limites que je me suis imposée.
Il a changé de taf, pour un poste à responsabilités, alors même que je venais d’accoucher de Scarlatine. A aucun moment il ne s’est demandé si ça allait être compliqué un tel poste avec 3 enfants dont 2 en bas-âge.
Je pense qu’à sa place, je me le serai interdit, trop contraignant, on verra plus tard, les filles sont petites pour l’instant.
Façons, aucune opportunité ne s’est présentée bizarrement ! 😉

C’est une réflexion personnelle, mais autour de moi, force est de constater que le schéma se répète souvent.
Aucune de mes amies/copines n’a de postes à responsabilités, toutes terminent « tôt » le soir pour aller chercher leurs mioches. Un enfant à garder ? Maman pose sa journée.

Ce n’est pas un coup de gueule parce que dans mon couple, les rapports sont équilibrés, (même si je râle toujours un peu que c’est toujours moi qui change le sac poubelle !), juste un constat.

Le constat est donc le suivant : Je me fais chier dans mon taf, et n’arrive même pas à me botter le cul pour chercher ailleurs.
Trop peur de chambouler mon petit confort ou la trouille de me rendre compte que je ne trouverai rien. Je n’en sais rien.

Mais va falloir commencer à penser sérieusement à me sortir les doigts du cul, si je veux pas finir vielle, conne, et aigrie.

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31 réflexions au sujet de « Le jour où j’ai beaucoup réfléchi »

  1. Tout le problème est là et c’est une réalité.
    Un employeur préfèrera embaucher un homme jeune, dynamique, flexible, sans grossesse au détriment d’une poule pondeuse non rentable potentiellement absente au moindre bobo ou rhume de son mouflet et les yeux à la place des joues un jour sur deux parce qu’ elle cumule les nuits blanches.
    Dans mon domaine, j’entends régulièrement « je n’embauche plus que des hommes, les femmes ça tombe soit enceinte, soit en dépression ».
    Effectivement, responsabilités, pression et enfants, c’est difficile à cumuler, surtout sur la durée et de surcroît les premières années.
    Celles que je connais qui ont des postes à hautes responsabilités bien haut dessus des miennes sont soit divorcées, soit très malheureuses et en famille et au travail car concilier les deux en toute sérénité sans jamais culpabiliser de léser l’un ou l’autre est difficile voire impossible.
    A tout ça, il faut ajouter les collègues-petites connes-unbrinsalope qui t’entourent et qui feraient tout pour bien se placer et qui t’enfoncent parce-que toi t’as un poste à responsabilités mais t’as réussi à négocier avec le patron de partir à 17h30 qui est un horaire de départ de secrétaire et pas de cadre. Dans mon cas, c’est forcément que tu couches avec le patron, ah ben non, pas de bol, il est homo!!!, c’est même pas ça, bah alors c’est quoi, ça fait chier ça!! Ah ben, on va l’emmerder alors elle!
    Et même les enfants s’y mettent chez moi. Puisque je les emmène à la crèche et je vais les chercher le soir, dans leur tête, papa travaille et maman, ben maman on ne sait pas trop finalement. Si bien que les auxiliaires de ma crèche pendant longtemps pensaient que je ne travaillais pas car ma chère fille leur répondais que je faisais la sieste toute la journée. Jusqu’au jour où elles ont cru que j’étais… chauffeur de bus à la Ratp (tu connais mon métier, et là, cherche le rapport). Tout simplement, elle m’a vue monter dans un bus après l’avoir déposée à la crèche et elle est allée raconter à tout le monde que je faisais des tours de bus toute la journée… 🙂

    Effectivement, un homme ça ne se pose pas toutes ces questions, ça ne vit pas ces choses-là, et toutes les deux on a encore la chance d’en avoir un qui nous aide, qui a de la considération pour la vie de famille, pour la femme, pour sa femme, j’ai des cas autour de moi, où pour certains tout

    • ha ben il manque un bout de ton com’! mais bon j’ai bien compris ce que tu voulais dire!! 🙂
      mais le pire c’est que je n’ai même pas ressenti trop la « pression » de l’employeur sur la future maman, mais bon peut-être que c’est juste mon cerveau reptilien qui se/me dit que « va pas trop t’emboucaner dans une carrière, t’as une famille à gérer…. »
      Et maintenant, que j’ai un poste confortable, mais royalement chiant, ben je fais quoi??
      je m’emmerde!! Mais je peux poser des 1/2j pour aller aux urgences avec ma fille, sans problèmes!
      elle est pas belle la vie?! :p

      • Euh… qu’on se comprenne bien, c’est ma propre situation qui me déprime, hein…! 😉
        juste que ton post m’a rappelé des souvenirs de retour de congé mat’ pas très agréables et la réaction est encore épidermique chez moi …

  2. c’est sûr que quand on a 2 minutes à soi (et c’est rare), réfléchir, ça peut être effarant. Bah, on finira de toutes façons toutes vieilles, c’est un évidence, connes au yeux de certains, c’est inévitable, mais aigries, alors ça, non !!!!! d’ailleurs, tu n’en a pas l’air et saperlipopette, Chouf, rien n’est joué d’avance! Même si il est vrai que les opportunités se font rares pour les mères de famille, tu trouveras ce qui te convient, et la traversée du désert de la petite enfance ne sera bientôt plus qu’un (mauvais) souvenir.

    • T’es une copine toi! 🙂
      Mais le pire dans tout ça, c’est que j’ai même pas envie d’une grosse carrière… Juste je voudrais au moins m’épanouir dans ce que je fais, et je sais pas si c’est possible en fait…..

      PS: saperlipopette? j’avais pas entendu ça depuis 1982!

  3. Tellement vrai…je suis dans les mêmes réflexions en ce moment…Un tiraillement permanent…Je sais pas si un équilibre est possible…Et en effet c’est pas un problème du père qui s’investit pas. Un problème insoluble selon moi. Merci de poster sur ce point, on est beaucoup je pense dans ces cas-là.

    • En fait j’arrive pas à savoir si c’est vraiment du au fait que j’ai des jeunes enfants et donc je m’interdis d’avoir un poste un peu sympa, mais qui serait moins confortable en termes d’horaires, ou bien si juste il faudrait pas que je me reconvertisse… mais merde pour faire quoi?

  4. Je me fais la même reflexion et pourtant, c’est moi qui gagne le plus d’argent dans notre couple, même en étant à 80%. Depuis cette année, j’ai décidé que je garderais plus seul les petiots, c’est 50/50. Pour le reste le soir c’est toujours moi qui m’y colle. Dès janvier en revanche je recommence à plein temps et pour le soir dès que les deux seront scolarisés je vais essayer de trouver quelqu’un pour me les récupérer au moins 2 soirs par semaine à l’école parce que je ne vais pas courir toute ma vie pour arriver à 18h30 à l’école, c’est usant et déprimant. En même temps je suis bien contente de les voir mes mouflettes, alors…

  5. Ce qui m’amuse c’est que les hommes qui n’embauchent pas les femmes pour cause de grossesse éventuelle sont les premiers à me dire avec candeur : « et tu ne travailles pas ? »

    • franchement je n’y ai pas été confrontée encore, je suis chez le même employeur depuis maintenant 11 ans, mais pê que la dure réalité va me rattraper si j’en arrive à passer des entretiens…..

  6. Bah dis donc, c’est le sujet du moment ici!!
    Et moi qui suis en pleine déprime suite à mon changement de boulot (c’est terrible à dire mais je crois que c’était mieux avant…. au moins j’avais l’espoir qu’il y avait qqchose de bien ailleurs, maintenant je doute) je me rappelle que j’ai pris ce poste sans ambition pour pouvoir leur mettre un congé maternité dans la face dans quelques mois, et je comprends qu’il n’y a pas de miracle.
    Si on veut une carrière il faut s’en donner les moyens, quitte à penser un peu plus à soi pendant quelques années. Je croyais le moment venu, en fait je n’en ai pas fini avec mes ovaires et ça n’est pas un souci.
    Le problème majeur c’est que je me demande si je trouverai un jour un poste qui m’intéressera dans la branche dans laquelle j’ai été un peu bcp poussée par mes parents. C’est un autre sujet? ok! 🙂

    En tout cas, le coup du « trop molle pour chercher » et du confort qu’on a peur de remettre en question, je partage à fond. Idem sur le fait que monsieur se pose moins de question que moi. Mais bon, j’ai négocié des avancées sur ce point-là, ça sera vital avec l’arrivée du troisième à défaut du boulot intéressant.
    La vie c’est une question de priorités, non?

    • ‘bsolument! Mais pê que le sujet caché c’est de se demander si on fait vraiment un métier qui nous plait….
      sans parler d’être poussé par mes parents, perso j’ai fait les études pour lesquelles j’étais le plus douée, mais finalement pê que je m’éclaterai autant en faisant coiffeuse…….

  7. Pareil dans ma tête… sauf que Chéri n’a pas de « carrière » et m’a toujours dit que la vie de famille passerait avant son boulot. Moi je pense pareil, mais quand même, comme toi, je rêve de super postes où j’aurais qu’à postuler… et puis je doute… et puis je me dis « c’est pas raisonnable », « ça va être trop difficile », « je pourrais pas me permettre une deuxième grossesse si je postule là » etc… Mais bon, un jour, je le ferai 😉
    L’espoir fait vivre et si ce n’est pas le cas, c’est que j’y aurais trouvé mon compte… Alors j’essaie de pas trop me prendre la tête…
    Mais c’est si vrai ce que tu écris !

    • Mais tu as raison!!!!
      Mais tu vois, par exemple, dans ce que tu dis on voit bien que tu n’y penses pas pour l’instant parce que ton premier projet de vie n’est pas terminé (faire un 2ème), et pis quand tu as rempli ce contrat là, ben tu te retrouves comme un rond de flan! 🙂

  8. j’ai repensé à toi ma petite Chouf’ (que je ne connais qu’en lisant ce merveilleux blog, tu m’excuses cette familiarité) le soir même puisque figure toi, j’étais dans la salle d’attente du pédiatre (une petite laryngite la veille d’un férié, ça ne se refuse pas quand même hein?), à 19h…avec que des nanas…

    • Fais donc, fais donc, ici c’est le royaume de la familiarité et de la grossièreté!
      C’est quand même parlant comme exemple je trouve!!

      et oui tu as raison, ça ne se refuse pas! tu te serais fait chier ce jour férié sinon!

  9. Putain de bordel de système de merde ! Je suis au summum de mon morale dans les socks là…j’ai eu envie de crever tout l’après midi que même je suis allé piller le placard de truc apéro du boulot pour me suicider à la bouffe….:(( Mais tu as ta formation qui va commencer non ? Ca va changer la donne ça non ?

    • Ho putain ma pov’ si tu savais comme j’ai eu envie de crever toute la semaine moi aussi!!!!
      Oui ma formation je suis contente toujours, j’espère que ça va me redonner du baume au coeur, parce que là j’en suis à me dire que je me reconvertis et je passe un BEP d’esthéticienne…….

  10. clairement quand j’étais plus jeune j’ai foncé tête baissé dans un sacré début de carrière, j’ai tout donné (sans pensé à la suite, la famille toussa toussa je m’étais même pas poser la question…), ça a payé, et puis un jour j’ai eu peur de pas pouvoir de gosse… et sacrément peur d’ailleurs… alors je me suis mise à vouloir un gosse, plus que tout, c’était mon seul but… et ce gosse qui venait pas… et qui a mis des années à venir… et puis là ça a été l’enfer… comment gérer un job où on te demande d’être physiquement et moralement et intellectuellement là à 300% alors que toi, la seule chose qui t’importe, c’est d’avoir un gosse ?
    bref, l’horreur…
    et puis la Mimosette est arrivée, enfin, et la c’est juste le bonheur, c’est comme je m’y attendais, le pied… mais rester à 100% à la maison c’est pas pour moi…je pense que j’aurai juste besoin de ma place en hopital psy à long terme… et puis alors je suis de retour au boulot… mais avec le temps partiel c’est le pied, j’ai un monstre plaisir à aller bosser, je suis motivée… et j’ai le temps qu’il me faut pour ma Mimosette… mais avec mon temps partiel la carrière s’est envolée… les collègues gradent, et moi je reste là… c’est hyper bizarre comme sensation… car je pourrais faire comme elles… mais non je reste là et c’est un choix parce que j’ai mis ma priorité ailleurs… et je ne regrette absolument pas… mais je reste là et ça fait vraiment drôle ce ralentissement… encore une fois l’impression de ne pas être montée dans le train…

    • Moi aussi je me suis investie au début, et sans parler de carrière, je m’éclatais dans ce que je faisais au moins…. ce n’est plus le cas…..
      par contre c’est clair que le temps partiel c’est même pas la peine, ça te brise net!
      moi je me fais chier à 100% dans mon taf! 🙂

      • et en plus je vois bien que là si je me bougeais les fesses( et que je renoncais au temps partiel) y aurai moyen de rattraper le temps « perdu » et de grader quand même. .. mais la perspective actuelle qui est de me relancer dans la pma (soit ça dure et c est la m. pour le boulot soit bb2 se pointe dans pas trop longtemps) fait que dans tous les cas ça vaut pas la peine… alors autant profiter dema tite nana tant qu elle est petite ça grandit si vite ! pendant ce temps mon mari avance lui aussi. ..

  11. et oui nous continuons à vivre dans un monde machiste, où seules les femmes se doivent de prendre des jours enfant malade, de partir tôt pour aller chercher les gosses, les emmener chez le toubib… et ça fait chier…
    Je suis restée dans mon ancien job alors que j’y étais bof parce que je voulais un gosse, et au final lors d’une réorg me suis retrouvée avec un gros connard de nouveau chef qui m’a enlevé tous mes supers projets sous prétexte qu’à 30 balais bien passés j’allais certainement lui coller un congé mat bientôt et qu’il pouvait pas prendre le risque de me laisser sur les gros projets à 3 ans (le mec père de 5 mouflets quand mm !) … Du coup me suis barrée.
    chômage, puis grossesse, donc continuer chomage (vraiment voulu un temps pour m’occuper de mon gosse j’avoue j’ai profité du système), puis l’envie de retravailler, mais plus dans les mms objectifs, donc changement à 360°, le temps de lancer le truc nouveau bb, mais maintenant voilà nouveau boulot. Par contre c’est sûr c’est pas un job à carrière à évolution etc etc. Mais j’m’en fous, je suis heureuse 😉

    courage:)

    • c’est à 180 ° le changement, sinon 360 on revient au point de départ, moi ce que j’en dis, hein, c’est pour faire avancer le schmiblik….et pis je vais même vous énerver davantage, j’ai tellement bien bossé à l’école que j’ai la chance d’avoir repris là où je suis parti, avec un boulot de dingue qui me fait toujours autant rêver. Et pis faut quand même se l’avouer, les mecs ils sont bien plus forts que nous pour bosser, et bien moins bon pour s’occuper des mômes. C’était quoi le titre du blog déjà? On les a voulu, on les a eu, bien fait pour nous!!!!!
      Tout mon com est à prendre au second degré bien sur

      • T’as raison, on les a voulus, mtn on assume!!
        Je t’envie de t’éclater au boulot, je crois qu’au fur et à mesure que je réponds aux coms je me rends compte qu’en fait ce qui me manque c’est de m’éclater au boulot, et pour ça, nul besoin de faire un truc à 50h/semaine hein?…..

    • Machiste, je sais même pas… mon mec n’est pas macho, mais nos cerveaux reptiliens sont ainsi configurés, l’homme part chasser, la femme s’occupe de la maison…… et finalement tu vois la dernière fois j’ai du poser l’AM pour amener ma fille aux urgences, et ben je peux te dire que je n’aurai pas pu ne pas y aller finalement et laisser mon mari faire….. comme quoi….
      Pê que je me voile la face, et que je prends ce prétexte là, alors juste qu’il faudrait que j’ai le courage de me reconvertir….

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